Une femme à la croisée de deux chemins, entre sécurité et liberté

On pourrait croire qu’il suffit de faire un test de personnalité, regarder quelques vidéos, noter ce qu’on aime sur une feuille et attendre que quelque chose apparaisse.

J’aurais aimé que ce soit aussi simple parce que moi, avant de trouver ce que j’avais réellement envie de faire, j’ai surtout passé beaucoup de temps à chercher. J’ai écouté les autres, suivi des conseils qui n’étaient pas forcément mauvais mais qui ne me correspondaient pas, essayé d’être raisonnable et surtout essayé de comprendre avec ma tête pourquoi je ne me sentais plus à ma place.

Le problème, c’est qu’à force de chercher ce que je devais faire, j’avais complètement oublié de regarder ce que j’avais envie de vivre.

Et je crois qu’il y a énormément de personnes dans cette situation. Elles pensent chercher un nouveau métier alors qu’en réalité elles cherchent surtout à retrouver une vie dans laquelle elles vont se reconnaître.

Pourquoi tu n’arrives pas à trouver ta voie

Depuis que tu es gamin, on t’explique plus ou moins comment une vie est censée se passer. Tu fais des études, tu trouves un travail, tu essaies d’avoir une situation stable et ensuite, normalement, tu devrais être content.

Et quand tu commences à dire que tu ne l’es plus, les réponses arrivent très vite. Tu as quand même un travail. Pense à ta sécurité. Tu ne vas pas tout recommencer maintenant. Il y en a qui aimeraient être à ta place.

Et évidemment le fameux : « À ton âge ? »

À force, tu finis presque par te demander si tu as le droit de ne plus vouloir de cette vie puisque, objectivement, elle n’est pas si mauvaise.

Sauf que ce n’est pas parce qu’une vie est acceptable qu’elle te correspond.

Tu peux avoir un boulot correct, gagner correctement ta vie, avoir des collègues sympas et malgré tout sentir que quelque chose est terminé. Il n’y a pas forcément de catastrophe. Juste cette sensation de plus en plus présente que tu n’as plus rien à faire là.

Et c’est souvent ça le plus difficile à expliquer aux autres.

Avant de savoir ce que tu veux, tu sais souvent ce que tu ne veux plus

Pour moi ça a commencé comme ça.

Je n’avais pas forcément une vision très claire de la suite mais je savais de mieux en mieux ce dont je ne voulais plus.

Et je pense qu’on sous-estime énormément cette étape.

Quand tu en as marre d’attendre le vendredi, marre de te lever pour aller dans un endroit où tu n’as plus envie d’être, marre de devoir rentrer dans un rôle professionnel qui ne te ressemble plus, ce n’est peut-être pas encore un projet mais c’est déjà une information.

On veut toujours savoir immédiatement ce qu’il faut faire après.

Mais parfois tu n’en sais rien. Tu sais simplement que tu ne veux plus continuer comme avant. Ça suffit pour commencer à regarder ailleurs.

Trouver sa voie ne veut pas forcément dire changer de métier

C’est là aussi qu’on peut se tromper.

Quand quelque chose ne va plus dans notre vie professionnelle, on pense immédiatement reconversion, formation, nouveau métier.

Alors que parfois tu aimes encore ce que tu fais, mais plus du tout les conditions dans lesquelles tu le fais.

Tu peux aimer accompagner les gens sans supporter ta structure de travail. Ou apprécier ton domaine, mais avoir besoin d’autonomie. Créer te plaît peut-être encore, à condition de retrouver la liberté de choisir comment.

Ce n’est donc pas toujours le métier qu’il faut changer.

Parfois c’est le cadre ou le rythme.

Et peut-être, c’est la manière de travailler. Parfois oui, c’est tout le reste qu’il faut remettre à plat.

Mais avant de décider de tout envoyer promener, ça vaut quand même le coup de savoir ce qui t’emmerde vraiment.

Ce que mon changement de vie m’a appris

J’ai été maître-nageur dans la fonction publique pendant quatorze ans. J’avais un cadre connu, un salaire et cette impression de rester dans une vie qui ne me ressemblait plus. Le plus difficile n’était pas seulement de savoir ce qui ne convenait pas : c’était d’accepter que la sécurité ne répondait pas à toutes mes questions. Ce parcours est raconté dans mon histoire.

Construire mon activité d’accompagnement n’a pas supprimé les doutes, le travail ni les recommencements. C’est ce vécu que je garde en tête lorsque je parle de trouver sa voie. Une direction qui te ressemble doit aussi trouver sa place dans des journées réelles, avec leurs contraintes et leurs décisions.

Une question pour passer de l’envie à une première décision

Choisis une journée récente où tu t’es dit que tu ne voulais plus continuer ainsi. Reprends ce qui s’est passé, ce qui dépendait de toi et ce que tu aurais voulu vivre à la place. Demande-toi ensuite quelle petite modification te permettrait de vérifier cette envie, sans devoir bouleverser toute ta vie.

Si le travail est au centre de cette réflexion, tu peux approfondir la préparation d’un changement de vie en gardant son emploi. Si c’est ton âge qui te fait hésiter, trouver sa voie après 50 ans aborde l’expérience déjà acquise et les contraintes de la suite.

Le piège de regarder ceux qui ont déjà changé de vie

Quand tu ne te sens plus à ta place, tu commences forcément à regarder ceux qui semblent avoir réussi à faire autrement.

Quelqu’un s’est installé à l’étranger, un autre a créé son activité, quelqu’un travaille quatre jours par semaine, une autre a complètement changé de métier à 50 ans.

Et forcément tu te dis que c’est peut-être ça que tu veux.

Sauf que ce n’est pas nécessairement leur activité qui t’attire.

C’est peut-être simplement ce que tu imagines qu’ils ont gagné en changeant de vie : de la liberté, du temps, de l’autonomie, l’impression de décider à nouveau pour eux-mêmes.

Ça change beaucoup de choses parce que si tu copies leur solution sans comprendre ce que tu cherches réellement derrière, tu peux très bien quitter une vie qui ne te correspond plus pour en reconstruire une autre qui ne te correspondra pas davantage.

Apprendre à se connaître avant de décider de la suite

C’est probablement là que j’aurais dû commencer.

Pas par chercher un métier mais apprendre à me connaître.

Qu’est-ce que j’aime réellement faire quand personne ne me dit ce que je dois aimer ? Dans quelles situations est-ce que je me sens bien ? Qu’est-ce qui me fatigue énormément alors que ça semble facile pour les autres ? Et inversement, qu’est-ce que je fais presque sans effort alors que les autres trouvent ça compliqué ?

Ce sont des questions toutes bêtes mais on passe rarement du temps dessus.

On connaît parfois mieux notre fiche de poste que notre propre fonctionnement.

Et quand tu cherches à savoir quoi faire de ta vie, ça devient quand même un problème. Parce que si tu ne sais pas ce qui te nourrit, ce qui t’épuise, ce dont tu as besoin pour fonctionner correctement et ce que tu fais naturellement bien, tu risques encore une fois de choisir quelque chose parce que ça paraît être une bonne idée.

Ce que tu fais naturellement est souvent sous ton nez

Il y a des choses qu’on ne voit plus chez soi justement parce qu’elles sont là depuis toujours. Quelqu’un vient systématiquement te parler quand il a un problème et tu ne te demandes même pas pourquoi. Tu comprends très vite les gens et trouves facilement des solutions. Tu sais expliquer. Créer et rassurer. Sentir quand quelque chose cloche.

Faire émerger une idée chez quelqu’un.

Et comme tu sais le faire naturellement, tu considères que ça ne vaut pas grand-chose. Moi aussi j’ai longtemps considéré certaines choses que je faisais comme normales simplement parce qu’elles étaient normales pour moi.

C’est seulement en regardant les réactions des autres que j’ai compris que non, tout le monde ne fonctionnait pas forcément comme ça.

Quand tu cherches ta voie, regarde donc aussi ce que tu as tellement l’habitude de faire que tu ne le vois même plus.

Il y a souvent pas mal d’indices là-dedans.

Se reconnecter à soi quand on a écouté tout le monde

Plus tu es perdu, plus tu demandes des avis.

C’est logique.

Sauf qu’au bout d’un moment tu te retrouves avec les peurs de tes parents, les conseils de tes amis, l’expérience de ton collègue, l’avis du mec sur YouTube, celui du coach que tu suis sur Instagram et tu ne sais même plus ce que toi tu pensais au départ.

Se reconnecter à soi, pour moi, commence peut-être simplement par arrêter un moment de demander. Pas pour devenir hermétique à tout conseil. Mais pour retrouver ton propre avis. Quand j’enlève ce que les autres attendent de moi, qu’est-ce qu’il reste ?

Qu’est-ce que j’aurais envie d’essayer si je n’avais pas besoin d’expliquer mon choix à qui que ce soit ?

Cette question est beaucoup moins confortable qu’un test de personnalité parce que personne ne peut répondre à ta place.

Tu n’as peut-être pas une seule voie

Je pense que cette idée de LA voie met une pression énorme pour rien.

Comme s’il existait quelque part un métier parfait qu’il fallait absolument découvrir et qu’une fois trouvé, tout serait réglé jusqu’à la retraite.

Je n’y crois plus vraiment.

Tu peux aimer quelque chose pendant quinze ans et ne plus en avoir envie ensuite, ou découvrir à 45 ou 50 ans une partie de toi qui n’avait jamais eu beaucoup de place jusque-là.

Tu peux avoir plusieurs talents qui n’ont apparemment rien à voir entre eux.

Ce n’est pas parce qu’une voie t’a correspondu qu’elle doit te correspondre toute ta vie.

La vraie question est peut-être moins « quelle est ma voie ? » que « qu’est-ce qui me correspond aujourd’hui ? ». Et rien que ça enlève déjà l’obligation de trouver une réponse définitive.

Comment savoir quoi faire de sa vie quand on ne sait vraiment pas ?

À un moment il faut essayer quelque chose. C’est là perso que j’ai perdu beaucoup de temps ! On voudrait avoir la certitude avant de bouger alors que c’est souvent en bougeant qu’on obtient les informations qui nous manquent.

Tu peux passer des mois à imaginer un métier et découvrir très vite, une fois dedans, que tu n’aimes pas du tout la réalité quotidienne de ce métier, être persuadé qu’une activité n’est pas pour toi et découvrir en l’essayant que tu t’y sens parfaitement bien.

Donc teste : l’expérience donne souvent une réponse plus utile qu’une nouvelle hypothèse.

Pas besoin de démissionner demain matin sous le coup de l’émotion. Commence plutôt par une démarche concrète. Rencontre quelqu’un qui fait ce métier. Essaie une activité. Lance un petit projet. Forme-toi sur quelque chose qui t’attire. Va voir concrètement ce qui se passe.

La réalité donne souvent de bien meilleures réponses que trois mois supplémentaires passés à réfléchir dans son canapé.

Prendre soin de soi ne suffit pas toujours

On parle beaucoup de prendre soin de soi quand on est fatigué ou qu’on ne se sent plus bien. Se reposer, ralentir, partir quelques jours, couper le téléphone. Évidemment que ça fait du bien. Mais si tu dois constamment récupérer de la vie que tu mènes, il y a peut-être un moment où il faut regarder la vie en question.

Tu peux partir quinze jours en vacances et revenir exactement au même endroit.

Si le dimanche soir tu sens déjà ton énergie descendre parce que demain il faut recommencer, ce n’est peut-être pas uniquement de repos dont tu as besoin.

Il y a peut-être quelque chose à entendre derrière cette fatigue.

Et ton intuition dans tout ça ?

Je crois qu’on sait parfois certaines choses bien avant d’être capable de les assumer.

Tu sais qu’un endroit ne te correspond plus, qu’un projet t’attire. Une rencontre et une conversation peuvent déclencher quelque chose. Parfois, une idée revient pendant des mois, mais tu trouves chaque fois une excellente raison de ne rien en faire.

C’est là que l’intuition peut avoir sa place.

Pas pour décider à ta place et encore moins pour faire n’importe quoi sur un coup de tête.

Mais simplement pour arrêter de considérer que tout ce que tu ressens est moins important que tout ce que tu peux expliquer. Je pense qu’on peut être raisonnable et écouter ce qui se passe en soi. Les deux ne sont pas incompatibles.

Comment savoir si tu es dans la bonne direction ?

Je ne sais pas s’il existe une réponse universelle. Ce que je sais, c’est que lorsqu’on se rapproche de quelque chose qui nous correspond davantage, on arrête souvent de passer autant de temps à essayer de se convaincre que tout va bien. Il y a de nouveau de l’envie. Des idées. Une curiosité.

On commence à construire quelque chose au lieu de passer son temps à imaginer comment s’échapper de ce qu’on vit actuellement. Ça ne veut pas dire que tout devient facile. Changer de direction peut être bordélique, faire peur et demander du temps.

Mais au moins tu comprends pourquoi tu fais les efforts.

Et surtout tu commences à te reconnaître dans ce que tu es en train de construire.


Le plus difficile, finalement, ce n’est pas toujours de trouver sa voie.
C’est parfois d’accepter que tu sais déjà qu’il faut changer quelque chose.

Parce qu’une fois que tu te l’avoues, il devient plus difficile de continuer comme si de rien n’était.

Et la suite n’est pas forcément confortable.

Il faudra peut-être apprendre quelque chose, perdre un peu de sécurité, expliquer des choix que certaines personnes ne comprendront pas, recommencer plus bas que prévu ou simplement accepter de ne pas savoir exactement où tout ça va mener.

Mais rester dix ans de plus dans une vie qui ne te ressemble plus a également un prix.

On parle juste beaucoup moins de celui-là. Alors si aujourd’hui tu cherches à trouver ta voie, je ne pense pas que tu aies besoin de connaître les vingt prochaines années. Regarde déjà ce que tu ne veux plus. Ce qui revient régulièrement dans ta tête. Ce que tu fais naturellement et qui t’attire depuis longtemps et que tu repousses toujours à plus tard.

Et surtout ce que tu aurais envie d’essayer si tu n’avais pas besoin d’être certain que ça va fonctionner.

Tu ne trouveras peut-être pas immédiatement ta voie.

Mais tu peux déjà arrêter de continuer dans celle dont tu sais qu’elle ne te correspond plus.

Si tu es à ce moment où tu ne veux plus continuer comme avant, tu peux découvrir comment se déroule RECODE™.

Peut-on trouver sa voie après 50 ans ?

La question utile est de savoir ce que tu peux tester aujourd’hui, avec tes contraintes réelles. Liste les compétences que tu possèdes déjà, puis rencontre une personne qui exerce une activité qui t’attire. Un premier essai concret t’apprendra davantage qu’un choix définitif pris dans l’abstrait.

Thierry

Thierry Zouaz

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